L’ANR – Agence nationale de la recherche – élabore chaque année un Plan d’action qui décrit les priorités de recherche et les instruments de financement. Véritable feuille de route de l’agence pour l’année à venir, ce document est élaboré en concertation avec les acteurs de la recherche (les cinq Alliances, le CNRS et le ministère chargé de la Recherche et de l’Innovation qui coordonne l’action interministérielle entre les ministères concernés) dans la ligne de la Stratégie Nationale de la Recherche (SNR).

Le projet DIAPHANE a été un des pionniers de la muographie en France, et a fait appel à des compétences diverse de physique des particules au service de la géologie dans un premier temps, avant d’élargir son champ d’action. Cette page présente le projet en lui-même, suivi des choix technologiques et les détecteurs qui ont été conçus et fabriqués, puis les méthodes d’analyse des données permettant de reconstruire les images, et finit par l’exemple de l’instrumentation du Volcan de la Soufrière en Guadeloupe.

Ce projet a donné naissance à une startup Muon Sight soutenue par Pulsalys. Muon Sight  propose des services d’imagerie et de  monitoring structurel 3D et fonctionnel 4D (dimension temps supplémentaire) de chantiers, infrastructures et bâtiments, ainsi que des outils de contrôles non destructifs pour le suivi en ligne de procédés.

Un projet pionnier dans la muographie en France

Le projet DIAPHANE a été initié en 2008 par une collaboration entre plusieurs établissements académiques, experts en physique des particules d’une part et en géophysique d’autre part :

  • Institut de Physique Nucléaire de Lyon, IPNL, UMR 5822, Université de Lyon, CNRS-IN2P3
  • Géosciences Rennes, OSUR, UMR 6118, Université de Rennes, CNRS-INSU
  • Institut de Physique du Globe de Paris, IPGP, UMR 7154, Université Sorbonne Paris Cité, CNRS-INSU

C’est ce projet qui a introduit la tomographie muonique en France après des essais dans le domaine de l’archéologie en Égypte par une équipe américaine (Alvarez, 1970) et de la volcanologie au Japon (Nagamine, 1993).

Le projet a été initié pour étudier le dôme actif de la Soufrière de Guadeloupe. Il a largement débordé ce cadre d’études pour permettre la validation des choix technologiques, des développements méthodologiques, et une valorisation dans différents domaines géophysiques :

  • caractérisation de couches géologiques dans une problématique d’enfouissement ou de stockage à long terme
    • application pour l’aval du cycle électronucléaire (laboratoire souterrain du Mont-Terri)
    • application au stockage de CO2 (laboratoire souterrain du Mont-Terri)
  • caractérisation de la dynamique d’un système hydrothermal
    • développement méthodologique par le suivi en direct du contenu d’un château d’eau
    • application à l’hydrogéologie (laboratoire souterrain de Tournemire, laboratoire souterrain bas bruit de Rustrel)
    • application à l’étude de sources géothermiques (Soufrière)
  • caractérisation d’un sous-sol urbain
    • application à la détection d’anomalies dans le sous-sol (tunnel de la Croix-Rousse à Lyon)
    • application à la reconnaissance à l’avancement d’un tunnelier (creusement de la ligne 15 dans le cadre du Grand Paris Express)
  • contrôle non invasif non destructif (CNIND) du contenu d’installations industrielles
    • application aux hauts-fourneaux d’ArcelorMittal à Fos/Mer
    • application aux évaporateurs ORANO à La Hague
  • CNIND de structures archéologiques : application aux tumulus grecs
  • caractérisation des paramètres atmosphériques
    • application à la mesure d’une température atmosphérique effective (laboratoire souterrain du Mont-Terri)
    • application à la détection d’événements rares tels que les réchauffements stratosphériques soudains (laboratoire souterrain du Mont-Terri)
    • application aux développements de modèles de flux de muons atmosphériques

Choix technologiques

Les détecteurs de muons développés dans le cadre du projet DIAPHANE sont des trajectographes plans à scintillateur plastique. La trajectoire de la particule est reconstruite à partir de la donnée d’au moins deux couples de coordonnées (X,Y). La résolution spatiale est contrainte par la segmentation des plans avant et arrière. Un 3ème plan central est ajouté pour éliminer les coïncidences fortuites. La configuration des trajectographes a évolué, la première version V1 étant basée sur une segmentation des plans extrêmes en 16×16 canaux, la seconde version V2 sur une segmentation de ces plans en 32×32 canaux pour une même surface active. Le plan central est en 16×16 canaux dans les deux versions.

La chaîne de lecture opto-électronique utilise un photomultiplicateur multianodes et une acquisition de type « smart sensor » développée à l’IPNL. L’électronique auto-déclenchée permet l’amplification, la lecture, le marquage temporel et la digitisation des signaux analogiques, la mise en forme, la compression, le stockage temporaire et le transfert des signaux digitaux.

Le système de lecture embarqué inclut un processeur, une carte de synchronisation des horloges, un commutateur réseau, un système de relais commandés dans un coffret indépendant référencé en tant que CTRL BOX.

Le système fonctionne sur alimentation indépendante si besoin (solaire, éolien, PAC). Une connexion réseau de type WiFi sur POE assure la possibilité de contrôle distant.

Production totale :

  • 18 plans de 16×16 canaux [pixels 5cm×5cm]
  • 12 plans de 32×32 canaux [pixels 2.5cm×2.5cm]
  • → 10 télescopes actifs (4 V1, 6 V2)

Deux détecteurs spéciaux ont été construits :

  • trajectographe de taille réduite « mini-télescope » pour instrumenter une faille de la Soufrière (3 plans 10×10 canaux)
  • trajectographe de géométrie cylindrique pour instrumenter un forage (62 canaux de lecture)

Figure 1 – En haut : photo de l’intérieur d’un plan de détection V1 (gauche) et V2 (droite). En bas : schéma d’un télescope V1 complet (gauche) et d’une installation complète (droite). Source : DIAPHANE.

De la détection à l’image

L’utilisation de la tomographie par muons dans le contrôle non-invasif et non-destructif.
La quantité observable est l’opacité, , mesurée en g/cm2, qui représente la densité de la matière traversée (en g/cm3) intégrée le long de la trajectoire de la particule.

Un exemple de muographie en volcanologie est donné Fig.2. Le détecteur à muons placé sur le flanc de la structure volcanique mesure le flux de muons traversants dans toutes les directions accessibles (en rouge). La comparaison au flux théorique, en absence d’obstacle, donne accès à l’opacité de la structure. Cette phase d’analyse correspond au problème direct.
Pour remonter à la répartition de densité de matière à l’intérieur de la structure, on introduit les connaissances à priori sur la cible, notamment sa topographie, puisqu’une valeur donnée d’opacité, produit de deux variables, peut être obtenue par de multiples combinaisons. Cette phase d’analyse constitue le problème inverse, dont les solutions sont les répartitions les plus probables de matière à l’intérieur de la cible. La carte de densité reconstruite en échelle de densité est donnée sur la Fig. 1.

Figure 2 – Principe de la muographie appliquée à l’étude des dômes de volcans actifs et carte de densité reconstruite : les zones bleues correspondent aux zones les moins denses, les zones rouges aux zones les plus denses.

La mesure du flux des muons incidents en fonction du temps permet de réaliser des radiographies à différents instants et de réaliser une imagerie fonctionnelle de la cible en regardant l’évolution temporelle de la densité reconstruite. Cette capacité de monitoring d’une cible trouve de nombreuses applications tant dans un contexte industriel – vidange / remplissage de cuves, analyse d’écoulements, contrôles par jauge, injection / remplacement de matériau etc – que dans un contexte géologique – géothermie, hydrogéologie, dynamique d’un système hydrothermal etc.

 

Dans le cadre particulier des volcans susceptibles de rentrer en éruption phréatique (explosion d’une cavité sous pression de vapeur essentiellement), nous avons démontré la faisabilité d’un suivi temporel du contenu en eau du dôme, la baisse de densité dans une zone déterminée signant la vaporisation d’eau initialement sous forme liquide (Fig.3, gauche).

L’imagerie par absorption de muons n’échappe pas au problème de dégénérescence des solutions lorsqu’une seule prise de vue est disponible. En effet la mesure d’une valeur d’opacité, convolution d’une densité par une longueur peut correspondre à différentes réalisations : une longue trajectoire dans un milieu peu dense peut avoir la même opacité qu’une courte trajectoire dans un milieu très dense.

Pour résoudre ces problèmes on peut soit multiplier les prises de vue autour de la cible, soit coupler les mesures de tomographie muons avec d’autres techniques géotechniques ce qui permet de générer des images 3D, ou plus simplement de passer de la radiographie au scanner. Un exemple de résultat obtenu par couplage entre tomographie muons et gravimétrie est donné sur la Fig.3, à droite.

Figure 3 – Gauche : variation temporelle du flux de muons traversant le dôme de la Soufrière. Droite : coupes d’une image 3D du dôme réalisée par couplage « muons-gravimétrie ». Source : DIAPHANE.

Soufrière de Guadeloupe (Antilles françaises)

Objectifs : imagerie structurelle du dôme actif, étude de la dynamique du système hydrothermal, développements méthodologiques, mesures géophysiques couplées, modélisation des contraintes de déstabilisation du dôme, gestion des aléas, stations intégrables dans un réseau de surveillance.

Dates : Juillet 2010 – expérience en cours

Financements académiques (BQR, ANR)

Détecteurs : instrumentation progressive de 6 sites autour du dôme : Savane à Mulets, Matylis, Rocher Fendu, Faille du 30 Août, Savane Sud-Ouest, Fente du Nord :

  • 2010 – 2014 : un détecteur mobile V1 déplacé sur plusieurs sites
  • 2015 : 3 détecteurs V1 + mini-télescope déployés autour du dôme
  • 2016 : 5ème détecteur (V2)
  • 2017 : 6ème détecteur (V2, première instrumentation du site de la Fente du Nord)

Instrumentation complémentaire :

  • système permanent de sondes géotechniques au sommet du dôme :
    • sondes de température
    • géophones (sismicité)
    • magnétomètres
  • utilisation temporaire de gravimètres pour mesures couplées

Principales méthodes développées :

  • inversion bayésienne,
  • filtrage du flux remontant par analyse de temps de vol,
  • mesures couplées (avec gravimétrie, tomographie électrique, sismicité)
  • analyse temporelle en composantes principales
  • mise en évidence des transferts de masse à l’intérieur du système hydrothermal
  • imagerie structurelle 3D

Figure 4 – Installations sur la Soufrière de Guadeloupe. 1. Faille du 30 Août (mini-télescope). 2. Matylis (V1). 3. Carte de densité reconstruite. 4. Suivi temporel par zones : mise en évidence d’une augmentation brusque du flux de muons corrélée à la sismicité. Source : DIAPHANE.

L’interface séparant une phase aqueuse d’une phase « huile » non miscible joue sans aucun doute un rôle vital dans des processus comme la catalyse par transfert de phase ou la séparation d’ions par extraction liquide-liquide (LL). L’interface n’est pas qu’une simple frontière, mais la nano-région très particulière de la solution où des espèces réactives (en catalyse) ou des ions et extractants (en extraction) devraient se rencontrer et interagir, avant leur transfert dans la phase qu’ils préfèrent. Certaines espèces (e.g. des ions « durs ») sont repoussées par l’interface, alors que d’autres y sont attirées et s’y concentrent, pour y former des nano-milieux organisés, s’étendant des solutions « aléatoires » concentrées à des systèmes très structurés (mono- ou multi-couches, films, etc ….). Le paysage interfacial dépend du contenu précis des deux liquides juxtaposés et peut s’avérer complexe en constitution et structure.

Ce projet PROfiLE concerne plus précisément l’interface formée lors de l’extraction de cations métalliques par des ligands lipophiles (« extractants »), et vise à décrire aux niveaux nanoscopique et moléculaire les caractéristiques de l’interface eau- « huile » à différentes étapes de ce processus. Au lieu de liquides « huile » traditionnels, on choisit des Liquides Ioniques àtempérature ambiante (« LI ») qui forment des systèmes biphasiques avec l’eau et extraient les ions avec davantage d’efficacité et de sélectivité. La séquence détaillée de réactions de complexation et transfert, et leur spécificité interfaciale, par rapport aux « huiles » classiques sont mal connues, rendant nécessaire le développement d’outils expérimentaux et « théoriques » conjoints. PROfiLE propose une nouvelle méthodologie visant à caractériser in situ une interface LL, et à définir le mécanisme de transfert interfacial dans le cas modèle sélectionné. PROfiLE combine des études de spectroscopie optique non-linéaire (SHG = Second Harmonic Generation), d’extraction et de tension de surface, et des simulations de dynamique moléculaire « DM ». Le contenu précis des phases en équilibre sera analysé par spectroscopies (EXAFS, diffusion Hyper-Rayleigh « HRS », fluorescence, RMN, UV-vis), par analyse chimique, et par simulations. La combinaison de SGH et MD constitue une percée innovante pour étudier les interfaces eau-« huile » (ici eau-IL) à équilibre, et lors d’un processus multi-étapes complexe (l’extraction). Ce travail fondamental sera conduit par quatre équipes complémentaires: ILM, CMC, IPNL et IHPC.

Le projet se focalisera sur les LIs CnmimTf2N, formés de cations alkylimidazolium Cnmim+ (n = 8 et 4) et d’anions Tf2N-, contenant un ligand extractant de type BTP (bis-1,2,4-triazinyl pyridine), en équilibre avec une phase aqueuse acide. Le processus de transfert du cation Eu(III) de l’eau vers le LI, après complexation par les BTPs, et les modifications de l’interface, seront étudiés. Pour ce faire, on combinera les études spectroscopiques spécifiques à l’interface (SHG) avec le bilan précis du contenu des phases avant, pendant, et après l’extraction. Les résultats seront discutés sur la base des modélisations de DM, conduites conjointement sur des systèmes biphasiques de nature et composition cohérentes avec l’expérience. Ils permettront de comprendre au niveau microscopique comment la nature et la structure des interfaces évoluent lors du transfert de l’ion de l’eau vers « l’huile », et de préciser les mécanismes sous-jacents. La méthodologie développée dans ce projet aura un fort impact dans le domaine des interfaces LL. Les résultats obtenus enrichiront les domaines fleurissants de la séparation des ions métalliques (comme les terres rares) par de LIs, de la catalyse biphasique, et des LIs aux interfaces.

L’interférométrie optique permet de mesurer des déplacements avec une sensibilité exceptionnelle. Cette technique a été appliquée à des mesures aussi variées que le refroidissement d’un objet macroscopique près de son état quantique fondamental, la détection des ondes gravitationnelles ou la résonance magnétique nucléaire. Nous proposons ici d’explorer plusieurs techniques de filtre quantique qui permettent d’en améliorer encore la sensibilité. Le filtre est basé sur un cristal non linéaire ou un résonateur mécanique cryogénique. Nous proposons d’abord des expériences de preuve de principe pour différents types de filtres, avant d’appliquer ces techniques à différents domaines.

(i) Test de la mécanique quantique macroscopique: l’existence d’une échelle de longueur fondamentale (longueur de Planck) conduit à des corrections à l’inégalité de Heisenberg. Une mesure de position extrêmement sensible d’un résonateur mécanique macroscopique (de masse au moins comparable à la masse de Planck de 22 µg) permettrait de mettre en évidence de telles corrections à la mécanique quantique standard. Nous proposons de tester trois résonateurs différents : un micropilier cryogénique (30 µg), des miroirs lévitant grâce à la pression de radiation (1 mg) et un pendule de torsion (10 mg). La comparaison des résultats de ces expériences pourrait ouvrir une fenêtre sur la frontière classique-quantique.

(ii) Détection des ondes gravitationnelles. Les ondes gravitationnelles sont des ondulations de l’espace-temps créées par des événements astrophysiques extrêmement violents. Elles sont détectées par des interféromètres kilométriques. Les techniques dont nous voulons faire la démonstration peuvent en principe en augmenter à la fois la sensibilité et la bande passante, notamment à haute fréquence où de nouvelles sources astrophysiques sont attendues. Nous proposons de concevoir des détecteur de prochaine génération, fonctionnant jusqu’à quelques dizaines de kilohertz.

(iii) Résonance magnétique nucléaire (RMN). Un simple circuit électrique LC circuit peut également jouer le rôle de filtre quantique. Cette technique peut être appliquée à la RMN. La conversion des signaux du domaine radio-fréquence au domaine optique (avec une membrane en SiN comme résonateur électro-opto-mécanique) est une technique prometteuse, limitée aujourd’hui par le bruit thermique de la membrane. L’utilisation d’une membrane à cristal phononique et photonique nous permet d’envisager d’améliorer simultanément les qualités optiques et mécaniques de la membrane, réduisant le bruit thermique et améliorant le rapport signal-à-bruit.

En dépit de leur omniprésence dans les éléments optiques, on sait mal comment les conditions de croissance déterminent la
microstructure, et ce faisant les propriétés macroscopiques, des couches diélectriques produites par PVD à température ambiante.

Le projet répond à cette question en combinant: 1) une étude expérimentale du procédé de dépôt; 2) la caractérisation
systématique des propriétés macroscopiques et microscopiques (structurelles et dynamiques) des couches produites; et 3) la
modélisation atomistique du dépôt suivie de la caractérisation des films numériques et de l’identification des structures
responsables de l’amortissement mécanique.

Les contacts réguliers des partenaires du projet avec des acteurs industriels majeurs tels que Essilor, Sagem, ou Thalès, et avec les
communautés travaillant sur les éléments optiques ou l’astronomie gravitationnelle garantissent un transfert rapide des avancées
du projet vers des technologies de pointe.

Le projet « Attachement de particules Bêta sur des Molécules d’Intérêt Biologique » (BAMBI), à la fois théorique et expérimental, a pour but d’expliquer au niveau moléculaire la dynamique d’attachement de particules bêta de basse énergie, i.e., les électrons (LEE) ou les positrons (LEß+), sur des molécules en phase gazeuse et la possibilité de fragmentation subséquente.

BAMBI est divisé en 3 parties (WP). WP1 et WP2, portant sur les LEE, comparent directement calculs théoriques et mesures expérimentales, alors que WP3 se focalise sur l’implantation théorique de l’interaction de ß+ avec des systèmes électroniques dans les codes développés par le LPT et l’ILM, avec potentiellement une étude expérimentale par l’IPNL durant la dernière année du projet ou plutôt à son achèvement. La complémentarité des 2 niveaux de théories de champ moyen appuyée par de nouvelles expériences en phase gazeuse contribuera à une meilleure vision des mécanismes élémentaires sous-jacents à la dissociation de molécules sélective en énergie. Nous étudierons en particulier la nature des résonances, leur énergie et les voies de fragmentation accessibles obtenues par des calculs de propriétés statiques via des techniques ab initio de pointe et de dynamiques à temps courts sur le processus d’attachement via des théories de champ moyen en espace réel et en temps réel.

L’IP2I développera pour les LEE un dispositif expérimental de pointe pour la mesure en corrélation des fragments négatifs et de leur(s) partenaire(s) chargé(s) et neutre(s) (WP1), afin d’avoir une image plus complète de l’attachement dissociatif d’électrons (DEA) et de quantifier les rapports de branchement entre différentes voies de fragmentation possibles et les sections efficaces de DEA. L’obtention de telles informations constituera une avancée majeure pour améliorer la compréhension de réactions dans l’irradiation de milieux denses et contribuera sûrement à de futures approches innovantes en chimie de synthèse et à l’accroissement de connaissances fondamentales dans des domaines comme l’astrochimie.
Pour explorer la DEA assistée par laser sur des molécules en phase gazeuse (WP2), domaine encore à ses tout débuts, l’IPNL développera un dispositif pompe(laser)-sonde(électron) original avec un laser accordable entre 200 et 2000 nm pour l’excitation moléculaire avec la possibilité de retarder le pulse LEE par rapport au laser. Couplé aux calculs du LPT et de l’ILM sur les mêmes systèmes moléculaires, la comparaison de l’impact de l’excitation électronique antérieure à l’interaction avec la sonde (LEE) au cas sans excitation (WP1) permettra d’identifier les mécanismes à l’origine de l’observation de l’augmentation de sections efficaces de DEA et même de nouveaux scénarios de fragmentation. Les nouveaux résultats obtenus ouvriront sûrement la voie à de nouvelles stratégies dans des domaines comme la nanochimie de synthèse ou la nanolithographie déjà à leur premier stade de réalisation. Nous pourrons aussi envisager le transfert de développements ou de technologies instrumentaux innovants vers des secteurs industriels (e.g., la chimie analytique).

La compréhension de la physique des interactions de LEß+ et la chimie physique subséquente est encore plus à l’aube de leur développement, notamment sur des molécules d’intérêt biologique. Grâce aux travaux théoriques antérieurs sur des sections efficaces de collisions positron-atome ou -molécule, les fruits de BAMBI porteront sur de nouvelles implantations de l’interaction positron-électron dans les mêmes théories de champ moyen utilisées par le LPT et l’ILM dans l’étude de LEE, permettant ainsi la comparaison de scénarios de résonance induite par des LEE ou LEß+ dans des systèmes d’intérêt biologique ou astrophysique. Des domaines émergents comme la thérapie de radiation « théranostic » combinant thérapie par radionucléide et diagnostic, pour laquelle les positrons sont assurément les particules adéquates, bénéficieront aussi des résultats de BAMBI.

Dans un contexte de développement des énergies renouvelables et en particulier de la géothermie, le projet MEGaMu a pour but d’améliorer les méthodes disponibles pour les scientifiques et les industriels voulant comprendre les zones géothermales. En effet, ce sont des systèmes souterrains complexes qui sont difficile à mesurer et à modéliser.

L’approche proposée est novatrice, basée sur la combinaison de méthodes bien connues des géophysiciens (méthodes sismiques, gravimétriques et à courant continu) avec une technique émergente : la tomographie muonique. Les données récoltées par chacune des méthodes vont pouvoir se contraindre les unes les autres ce qui va permettre de mesurer les phénomènes géothermaux avec une résolution spatiale et temporelle sans précédent. De plus, le projet a pour objectif d’améliorer les techniques de mesures pour répondre aux besoins d’abord des scientifiques étudiant les zones géothermales et ensuite des industriels devant les exploiter et les monitorer.

Ce projet vise à une amélioration de la description théorique et à une interprétation cohérente des données expérimentales des noyaux lourds et super lourds ayant un numéro atomique supérieur à 82 et un nombre de neutrons au-delà de 126. Ces systèmes auto-liés, dont la plupart ne doivent leur existence qu’à des effets quantiques de couches, manifestent une très riche phénoménologie de modes d’excitations et de décroissance gouvernés par la compétition entre l’interaction nucléaire forte, l’interaction coulombienne, les effets de surface et les effets quantiques de couches liés aux états de particules individuelles. Les données expérimentales disponibles commencent à en révéler une image cohérente en terme de couches et de déformation qui n’est néanmoins, jusqu’à présent, par décrite de manière satisfaisante par des modèles purement microscopiques. Le principal problème ayant été identifié, et qui est actuellement inhérent à toutes les formes d’interactions effectives, concerne les distances entre les états de particules individuelles au voisinage de l’énergie de Fermi. Bien que les évolutions globales des observables n’en soient pas affectées, la description des propriétés individuelles de noyaux spécifiques est dans de nombreux cas défaillante. Le but de notre projet est d’atteindre un niveau de précision sans précédent pour la description théorique des noyaux lourds et super lourds grâce à l’ajustement d’interactions effectives contenant de nouveaux termes dérivatifs jusqu’à présent non considérés. L’ajustement des paramètres incorporera des informations pertinentes concernant les propriétés de noyaux lourds et s’accompagnera d’une analyse des incertitudes statistiques de ces paramètres. Les interactions effectives obtenues seront dans un second temps utilisées dans des calculs auto-cohérents et sans contraintes de symétrie pour un large ensemble d’observables d’intérêt faisant l’objet d’études par des méthodes de spectroscopie gamma sur faisceau, spectroscopie par conversion d’électrons, spectroscopie par décroissance après implantation d’ions et par spectroscopie laser. Globalement, nous considérons que ce projet représentera une contribution déterminante aux études théoriques et expérimentales des éléments les plus lourds et permettra d’étendre notre compréhension de ces systèmes.

En cours

Appel à projets générique 2019

  • NEWFUN (Nouvelle fonctionnelle de la densité d’énergie pour les noyaux lourds)
  • MEGaMU (Monitoring with ERT Gravimetry and Muons)

Appel à projets générique 2018

  • BAMBI (Attachement de particules beta sur des molécules d’intérêt biologiques)
  • VISIONs (Vibrations et pertes dans les couches minces optiques amorphes)

Appel à projets bilatéral ANR – JST 2018

  • QFilters (Contrôle d’un oscillateur optomécanique avec un filtre quantique)

Appel à projets générique 2017

  • PROfILE (Sonder l’interface d’un liquide ionique avec l’eau pendant l’extraction)

 

Terminés

Appel à projets générique 2015

  • EXSQUEEZ (Squeezing et optomécanique)

Appel à projets générique 2014

  • DIAPHANE (Imageries structurelle et fonctionnelle de volcans avec des rayons cosmiques)
  • CHONRAD (Nanoparticules radiosensibilisantes pour le CHONDrosarcome. Preuve de concept préclinique)

Appel à projets blanc 2013

  • FastTRACK (Développement d’un système électronique de reconstruction de traces pour les expériences du grand collisionneur de hadrons)